Slide 1
Slide 1

LA SAPE VUE PAR BAUDOUIN MOUANDA

Exposition


DU 6 AU 11 FÉVRIER

Creil ~ Hall de la Faïencerie


La SAPE - Société des Ambianseurs et des Personnes Elégantes



« Un dimanche après-midi, j’arrive à Bacongo, avenue André Gérard-Matsoua, le coin réputé des sapeurs. La chaleur est écrasante. Le sol réfléchit la lumière avec violence, et les rues sont désertes; au bout d’une ruelle pourtant, j’aperçois des sapeurs. Traversant la rue, j’ai l’impression de franchir une frontière et me retrouve tout à coup dans un bar, au milieu d’une grande pièce, dans laquelle un spectacle inimaginable, quelques mètres plus loin, bat son plein. Devant moi se joue la plus grande des batailles de la mode : aux Parisiens tout droit débarqués de France, la communauté des sapeurs locaux fait face. C’est l’occasion de vibrer aux souvenirs de la France et de l’histoire, mais seules comptent les couleurs, moteur de tous les sapeurs : bleu, blanc, rouge. Ici on joue seulement une guerre de style.

La compétition est dure, rythmée par les cris du public. Sur la chaussée goudronnée, la circulation devient gênante et les sapeurs emboîtent le pas des voitures pour exhiber leur tenue et entrer dans la danse. Assis sous une paillote ou au pied d’un manguier, d’autres attendent que le soleil éclate afin d’éviter que la sueur ne mouille leur costume... La tension monte autour des cravates, des bretelles et des vestes siglées. Tous ont parfait leur style avec des proverbes bien sentis, mais la victoire appartient aux tenues de marque, cousues sur mesure.

A quelques pas de l’église Saint-Pierre Claver, dans la cour, les fidèles venus acclamer le Seigneur, larmes aux yeux, perdent leur saint allant et se tournent vers le spectacle profane qui leur fait face. Improbable moment de grâce, la sape incarne le mode d’expression d’une génération en rupture qui impose ses codes et transforme la mode en spectacle populaire pour mieux changer le monde, le temps d’un instant. »

informations & tarifs

Gratuit
Exposition visible durant les horaires d'ouverture de la Faïencerie et les soirs de spectacle
Voir les horaires

Spectacle en Famille

Baudouin Mouanda



Baudouin Mouanda est né en 1981 au Congo Brazzaville. Vit et travaille à Brazzaville. Photographe congolais, membre du Collectif Génération Elili et d’Afrique in visu.

Cet artiste débute la photographie en 1993, grâce à l’appareil photo de son père, zénith, qu’il manipule en son absence et qui lui revient finalement, après un pari. Très vite, il « chronique » la vie brazzavilloise pour les journaux de la place et se fait surnommer « Photouin ». Il se détourne du conformisme et de la photo classique, comme la photo de famille ou la photo souvenir, pour s’attacher à l’histoire de son pays et aux séquelles des guerres à répétition qui ont endeuillé le Congo. Un premier travail, sensible, en noir et blanc, naît de ses recherches, « Les séquelles de la guerre ». Très attaché à son pays, il aime photographier des sujets qui interrogent.
Élu meilleur photographe par le jury de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, puis récompensé aux 5èmes Jeux de la Francophonie à Niamey (Niger) en 2003, Baudouin Mouanda acquière sa reconnaissance en tant que jeune photographe de talent.

En 2007, il bénéficie d’une résidence à Paris, où il suit un stage de perfectionnement au CFPJ (Centre de formation et de perfectionnement en journaliste). C’est là que sa route croise celle de Congolais de Paris et notamment des fameux rois de la sape, les « sapeurs », et leur philosophie baptisée « sapologie ». De retour à Brazzaville en 2008, il photographie les plus beaux « sapeurs » de la capitale congolaise. Ces photographies sont présentées en 2009 lors de l’exposition « L’art d’être un homme » au musée Dapper, à Paris puis au musée des Confluences à Lyon en 2010.

Il participe à plusieurs résidences nationales et internationales. En 2009, Baudouin Mouanda expose ses photographies « Les séquelles de la guerre » aux Rencontres Africaines de la Photographie de Bamako, au Mali où il reçoit le prix de la Fondation Blachère, et le prix Jeune talent, ainsi que le soutien de Bolloré Africa Logistics, qui accompagne la tournée de ses photographies dans les principales capitales africaines.

Sa dernière résidence à Libreville au Gabon lui a permis avec la bourse « Visa pour la création» de développer son travail sur le « Hip Hop et société » qu’il présente en été 2010 aux Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles. Après avoir couvert les élections présidentielles françaises en 2007, il suit les «Présidentielles en Afrique» dès 2009.

En 2010, Baudouin Mouanda expose à Paris, au Bénin, et à Arles. Puis en 2011, à Helsinki. En 2013, au Japon, en Chine, et Seattle il remporte la médaille d’argent aux 7èmes Jeux de la Francophonie à Nice en france. Puis remporte le prix pour la région Afrique centrale du concours photographique « La Beauté en Afrique dans tous ses états », organisé conjointement par la Commission de l'Union africaine (CUA) et la Délégation de l'Union Européenne auprès de l'Union africaine.

Celui qui se définit comme un « photographe de la vie » poursuit des séries empreintes de réalisme, de poésie, et de questionnement. Après « Hip Hop et Société », « le Trottoir du Savoir », et « Congolese Dreams » par lesquels il offre une vision très personnelle du mariage entre rêve et désenchantement. Il travail actuellement sur « Les Fantômes des corniches » une série qui plaide sur l’électrification d’un continent qui ne parvient pas à retenir sa jeunesse dont la distinction : belle moisson de récompense du photoreportage par le concours international Alliance Française en Espagne et EFTI.

Il collabore avec de nombreux journaux, parmi lesquels Jeune Afrique, Planète Jeune, Afrique Magazine, Le Monde, Express styles, VSD, l’Humanité, Magazine Photo, Afrique Asie...

Ses photographies ont intégré plusieurs collections en France et à l’étranger (ex : Contemporary African Art Collection by Jean Pigozzi, Fondation Blachère, Bolloré Logistics). Il figure parmi les jeunes photographes les plus prometteurs du continent africain.