Pour le douzième anniversaire des jumeaux, leur maman Gina avait invité les voisins à un grand repas. Les plats n’ont jamais pu être servis. Trop d’incendies volontaires ce jour là. Un des jumeaux a été accusé et arrêté sur le champ. Douze ans après, il retrouve son frère à la table du festin. Tous deux décident de parler enfin.
Alors ils plantent le décor. Sur scène, des poupées géantes et des toiles peintes. Tout est là : la maison, le café, l’usine, la campagne, la famille, les voisins, les camarades d’écoles, les collègues d’usine. Dans ce village reconstitué, les deux frères racontent la lente descente aux enfers de leur famille exclue et dénigrée par la communauté.
La caricature est rieuse et les dialogues savoureux. Marionnettes et décor à métamorphoses favorisent la distanciation. Derrière une apparence burlesque, Tête à claques est un spectacle intense et profond qui distille quelques grains de sable
dans les rouages de nos certitudes.